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Croisière mai 2003

Portrait de Charly Bourdeverre

 

Le mardi 13/05/2003 - Briefing sur le quai à 20h30

Congratulations d'usage - Prise de contact de ‘’l'amiral’’ avec les équipages.
Sont présents :

Ancolie II  Pierre et Danielle
Ann Lou II Philippe et Marc
Charlotte Colette, Gérard et Georges
Isis Jacqueline, Daniel, Claude et Yannick
Mardi 21 René
Néphros Jean  et Charly

Le départ est donné pour 9hoo
Mer belle, temps nuageux, vent 3 à 4 B
Une heure plus tard tout le monde prend un ris
Nous avons le plaisir de retrouver en mer : Heure Bleue armé par Claude et Dominique.
Après le passage de la Grise, la mer s’agite.
C’est la première sortie et quelques estomacs se nouent mais les bateaux marchent bien aussi vers 16h30 /17h tous les Baroudeurs se retrouvent amarrés à Port Joinville pour une nuit réparatrice bien méritée.
 

Mercredi 14/05/2003.

Petite traversée en perspective. Les équipages déambulent sur les pontons.
Afin de reprendre les bonnes habitudes, on envoie Philippe dans la mature. Cette fois c’est sur Néphros dont le réflecteur radar qui pendouille menace la tête de l’équipage.
10hoo- L’armada s’ébranle doucement
Mer belle – peu de vent – certains pêchent, d’autres flânent.
Puis soudain on voit les spis sortir de leur sac et tous les bateaux foncent vers St Gilles pour arriver avec le flot dans le port.
Seul Néphros reste jouer avec une voile bizarre qu’il appelle ‘’big boy ‘’ sortie du grenier où elle séjournait depuis des années.
Lorsque tous les bateaux ou presque furent amarrés au ponton d’accueil ( comme le veut le règlement ) les autorités du port décident de regrouper l’escadre sur le ponton N° 5 . Nouvelle manœuvre dans l’entraide générale et coutumière des Baroudeurs.
19Hoo – Pierre offre l’apéritif général pour fêter son anniversaire puis le Président propose le briefing du lendemain à la pizzeria du coin.
Il faut dire que la question est de taille. (A la dimension du Président )
Retour à Pornic par la route habituelle ou passage par le Gois ?
Une nette majorité opta pour le Gois.
Et chacun de bûcher les instructions nautiques, les courants, les hauteurs d’eau, etc.

Jeudi  15/05/2003

A 7hoo – Néphros (qui s’était couché tôt ) quitte le quai .7h30 les autres suivent.
Il ne fait pas chaud – mer belle – peu de vent (qui était annoncé favorable –Sud Est-)
Vers 10h00 Heure Bleue nous salue en nous indiquant qu’il ne nous suit pas car ce n’est pas la route la plus courte pour rejoindre Pornichet .
Les spis reprennent leur position  élevée , mais bientôt il faut se résoudre à mettre du vent de cale .
Par radio les commentaires vont bon trains . Chacun ayant lu la même chose sur le ‘’Fenwick ‘’n’a pas la même vérité .Mais tout le monde reste dans l’anxiété .Comment allons nous passer ?
Certains s’imaginent couchés en travers de la chaussée , bloquant la circulation .D’autres regrettent de ne pas avoir embarquer les triangles réglementaires à mettre sur la route pour éviter une amende .D’autres évaluent déjà le coût d’une nouvelle quille si celle-ci reste sur les cailloux .

Et déjà le pont de Noirmoutier approche .
Soudain un ferry de liaison Port Joinville –Fromentine arrive .
Il dépasse tous les voiliers à bonne allure .
Ça y est – s’écrit notre ami Pierre – Je sais par où passer ! J’ai vu où est passé le paquebot , c’est tout simple , il suffit de suivre les bouées .
Mais prudence , personne n’ose s’aventurer sur ces eaux où l’on annonce de forts courants et peu de fonds .
Et puis nous avons le temps , la marée n’est pas encore haute .
Les bateaux se regroupent autour de la bouée ‘’Fromentine’’ indiquant l’entrée du chenal .
Soudain dans les radios claque un ordre lancé par l’amiral .
<< Tout le monde en avant ! On suit Philippe >>.(Qui était déjà passé par cette route l’année passée )
Et la voix émue de Philippe de répondre .
- <<Il ne faudra pas m’en vouloir s’il vous arrive quelque chose >>.
Et les bateaux se dirigent maintenant vers leur destin .Les skippers ont les yeux rivés sur leur sondeur .
Le pont approche à toute vitesse, les bateaux entraînés par le courant .
Nous croisons les bouées couchés par le courant qui nous pousse vers le pont .Maintenant nous ne pouvons plus reculer . Les bateaux foncent poussés par leur grand voile seule .Le moteur est débraillé car il est inutile d’aller trop vite , il nous faut attendre la marée haute .
Les estomacs sont de plus en plus serrés . Le fond monte de plus en plus – 3mètres- 2,5 mètres-
L’eau devient de plus en plus boueuse et des vaguelettes courtes et dures secouent le bateau.

Nous n’osons plus regarder le sondeur .
Enfin le pont est franchi.
Jusque là ça va ! Cette pensée traverse la tête de tous les Baroudeurs ( qui cette fois encore méritent bien leur nom)
 Nous passons devant l’embarcadère en travaux de Fromentine .
Devant nous une étendue d’eau inconnue – sans repère ni amer – Les bateaux continuent d’avancer avec prudence .

Ann Lou toujours en tête suivi d’Isis , puis de Néphros , enfin Ancolie qui a descendu sa grand voile puis Charlotte et La Globule.
 Puis soudain Isis prend une allure bizarre . Il est comme figé .Il est planté.
Ann Lou en tête continue imperturbable .
Puis c’est le tour de Néphros qui commence à tourner sur lui même , doublé par Charlotte qui s’arrête un peu plus loin  .
De mémoire de Baroudeur , on n’avait jamais vu ça .
Voilà toute la flotte échouée à quelques encablures du pont de Noirmoutier.

Quand vous passerez sur ce pont avec votre voiture , ayez une pensée pour ces pauvres Baroudeurs
victimes de leur courage .
Alors chacun prend une décision .Qui jette l’ancre en attendant la marée haute .Qui se déséchoue et fait du sur place en faisant face au courant .
On entend alors divers commentaires à la radio .
Un vent de détresse flotte sur l’escadre .
Charlotte se propose de faire demi tour . Ann Lou qui appelle en disant que où il est il a du fond .
Dans un dernier sursaut d’énergie et de courage tous les bateaux se dirigent alors vers Ann Lou , le cœur serré et l’estomac noué ,se demandant se qu’ils sont venus faire dans un lieu pareil et aussi inhospitalier .
Seul Ancolie , toujours planté , lance un appel pour prévenir qu’il ne peut pas suivre .
Les refuges du Gois se rapprochent inexorablement .Isis passé en tête tel un général encourage ses troupes .
C’est alors que dans un élan faisant pâlir de jalousie les plus vaillants cap horniers , on vit le navire amiral bravant tous les dangers foncer sur l’obstacle .
Daniel fier comme un p’tit banc , la pipe vissée entre les dents à la barre de son navire , un équipier en faction devant le sondeur annonce les hauteurs d’eau , l’autre équipier penché sur les instructions nautiques donne les indications et Isis se dirige tout droit sur ce mur de cailloux qui sert de chaussée .
Alors depuis les cockpits 9 paires d’yeux écarquillés d’admiration observent la scène .
Il va passer ! ! Il est passé? Non il passe . Il est passé ! ! ! !  Ouf .
Alors comme un seul homme toute la flotte se précipite tout en surveillant le sondeur d’un air désabusé .Une fois dans les eaux plus saines , nous hissons les voiles car un petit vent par le travers de 15 nœuds nous incite à utiliser les voiles .
Filant entre 5 et 6 nœuds sur une mer plate nous passons devant les éoliennes , et c’est avec ravissement que nous découvrons la côte des Moutiers, de la Bernerie et enfin le port de Pornic après un bref coup d’œil à la Talasso .
J’oubliais un appel radio de Charlotte pour signaler les ébats d’un dauphin au large des Moutiers .Certains diront que c’est un effet du stress ,ou Georges qui a mit dans sa pipe autrechose que du tabac, car il est le seul a l’avoir vu .
Heureux de leur expérience , fiers de leur réussite et le cœur encore rempli d’émotions les Baroudeurs ont quitté leur bord pour un repos bien mérité.

Baroudément votre- Charly-

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